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EUROPIA

Paysage éclaté d’une europe incertaine

Entre avril 2014 et octobre 2017, je traversais la Grèce, l’Espagne, l’Italie, Chypre, le Portugal,
l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie, l’Irlande, le Royaume-uni, Malte, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Finlande, la Pologne, la Bulgarie,
la Roumanie, la République tchèque, la Belgique, l’Allemagne, la Hollande, le Luxembourg et revenais à Paris...
Europia, Paysage éclaté d’une europe incertaine Europia / Julien Allouf

Initié il y a près de deux ans,
ce projet se veut un corps vivant,
en avoir la structure et la respiration,
il restera donc en chantier,
en mouvement, à l’épreuve du temps,
des évènements à venir...

Europia / L’État des choses

« L’Europe est à la croisée des chemins. Le flux des réfugiés et le terrorisme islamiste ont plongé le continent dans la plus grande crise depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans un monde qui fonctionne en excluant des régions et des populations entières, est-ce si surprenant que les sociétés s’effondrent, que les hommes se radicalisent ou qu’ils aspirent à rejoindre l’Europe? Il ne s’agit pas d’un choc des civilisations mais d’une nouvelle lutte des classes. C’est pourquoi nous devons impérativement défendre les valeurs européennes, qui sont les seules à même de lutter contre les causes économiques des flux migratoires et du terrorisme. Une telle solidarité globale est peut-être une utopie mais, si nous ne nous y engageons pas, alors nous méritons d’être perdus. »
Slavoj Zizek, 2015

Julien Allouf, Europia l’exposition

Grèce, Espagne, Italie, Chypre, Portugal,
Autriche, Hongrie, Slovaquie, Irlande,
Royaume-uni, Malte, Estonie, Lettonie, Lituanie,
Finlande, Pologne, Bulgarie, Roumanie,
République Tchèque, Belgique, Allemagne,
Hollande, Luxembourg, France

Au coeur de toutes les crises que nous traversons : économique, politique, « migratoire », identitaire..., l’idée d’Europe, d’union, de valeurs européennes..., disparaît derrière son propre mythe et des institutions qui semblent toujours plus lointaines et abstraites. Dans cette crise de la représentation, l’«Europe», dont les contours sont de plus en plus flous, semble se réaffirmer par la construction de murs et un repli sur soi où seule la peur de l’étranger permet de re-cimenter une union dont nous peinons à percevoir la vraie nature.
C’est de ce constat qu’est né mon désir de partir, de voir, de me laisser agir, traverser par le quotidien des capitales qui composent l’Europe des 28 (aujourd’hui 27), pour tenter de laisser surgir un paysage sensible de ce « territoire » dans lequel nous nous inscrivons.
Laisser surgir.
C’est bien de cela qu’il s’agit.
D’ouvrir la possibilité d’un surgissement. Et pourquoi pas d’une utopie. Les images ramenées de ces voyages sont autant de traces, de miroirs du « monde » dans lequel nous évoluons, autant de supports pour prendre le temps de nous reposer la question de l’utopie que peut encore représenter, ou non, une telle union si nous parvenons à nous la représenter.

Une installation réunissant des images glanées à travers les 28 capitales européennes sera présentée à La comédie de Reims - CDN à partir du 29 janvier 2018 dans le cadre du festival Reims scènes d’Europe.

voyage Europe Julien Allouf Julien Allouf photographe

« Les choses vont changer pour nous.
Mais rien n’est encore décidé.
Nous sommes à la fois pauvres et riches.
Et il n’est guère possible de dire
dans quelle mesure au juste
nous sommes l’un ou l’autre. »
Ernest Bloch

Europia, Paysage éclaté d’une europe incertaine photographie Julien Allouf

« L’effondrement serait soudain, et peut-être total et définitif.
Une évolution positive, par contre, prendrait du temps et resterait imparfaite. Si notre génération se montrait à la hauteur de sa tâche, ce ne serait pourtant pas, avant longtemps, le Paradis sur terre. Mais l’histoire pourrait continuer à suivre son cours, avec de nouvelles crises, de nouveaux tournants...
Les choses continueraient et ce serait déjà beaucoup. Le combat, l’incertitude, l’angoisse, les erreurs, tout continuerait. Nous ne parviendrions pas à trouver le repos. Le repos n’existe pas, jusqu’à la fin. Et après?
Même à la fin, demeure encore un point d’interrogation. »
Klaus Mann, 1933

L’État des choses, photos